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Abou Ghraïb: les charges contre le seul officier US poursuivi diminuentLes charges pesant contre le colonel Steven Jordan, le seul officier américain poursuivi après le scandale d'Abou Ghraïb en Irak, ont été allégées alors que son procès devait s'ouvrir dans l'après-midi devant une cour martiale à Fort Meade (Maryland, est). Lors d'une audience préliminaire dans la matinée, l'accusation a demandé l'abandon des poursuites pour faux témoignage contre le colonel Jordan, 51 ans, ancien responsable du centre d'interrogatoires où ont été prises les photos montrant des prisonniers humiliés et maltraités. Le colonel était accusé d'avoir menti au général George Fay, chargé de l'une des enquêtes du Pentagone sur le scandale, en affirmant qu'il n'avait jamais été témoin de sévices ni vu de détenus nus. Mais ces déclarations sont désormais irrecevables: selon l'accusation, le général Fay s'est rendu compte il y a quelques jours qu'il avait oublié de rappeler ses droits au colonel Jordan avant de l'interroger. Aux Etats-Unis, une déclaration ne peut pas être présentée comme preuve devant un tribunal si cette formalité, rendue célèbre par le "vous avez droit de garder le silence..." si souvent répété dans les séries policières, n'a pas été auparavant accomplie. Le colonel Jordan reste poursuivi pour quatre chefs d'inculpation, notamment obstruction à la justice et manquement au devoir. Il risque désormais un total de 8 ans et six mois de prison, contre 16 ans et 6 mois lorsqu'il devait aussi répondre de faux témoignage. Il est accusé d'avoir, à une occasion, forcé des prisonniers à se dénuder et de les avoir menacés avec des chiens d'attaque, un incident qui n'a pas été photographié, puis d'avoir discuté du scandale avec d'autres témoins potentiels alors qu'il avait reçu l'ordre de ne pas communiquer avec eux. D'une manière plus générale, l'armée lui reproche aussi son manque de "leadership". Accaparé par les questions logistiques, il n'a pas cherché à superviser les interrogatoires, laissant livrés à eux-mêmes des soldats mal formés et sous pression. Le procès doit s'ouvrir dans l'après-midi avec la sélection du jury militaire, qui sera composé de 5 à 15 officiers, tous d'un rang supérieur à l'accusé. Une vingtaine de jurés potentiels sont convoqués à 13H00 (17H00 GMT) pour répondre aux questions de l'accusation et de la défense, qui chercheront à évaluer leur impartialité. En cas de doute, le juge pourra rejeter certains d'entre eux. Chaque partie aura ensuite la possibilité de récuser sans explication un juré potentiel, avant que les débats n'entrent dans le vif du sujet. Plus de trois ans après la publication des photos montrant des prisonniers irakiens humiliés par leurs gardiens américains, seuls onze soldats ont été jugés et condamnés à des peines allant de quelques heures de travaux d'intérêt général à 10 ans de prison. La plupart ont assuré avoir simplement obéi aux ordres, mais aucun des hauts responsables civils et militaires de la défense n'a été poursuivi. Seule la commandante des prisons américaines en Irak à l'époque, l'ex-général Janis Karpinski, a été sanctionnée par une rétrogradation, sans passer devant la justice militaire. Sur les photos qui ont fait le tour du monde, on voit des détenus nus, empilés sur le carrelage de la prison, attachés à des fils électriques, sous la menace de chiens d'attaque, la tête couverte de sous-vêtements féminins ou contraints de parader nus devant des gardiennes américaines. 20 August 2007, 5:44 pm Autres actualités de la Logistique
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